La religion chinoise.

L’histoire de la religion chinoise est celle d’un développement continu depuis l’antiquité jusqu’à nos jours. Ce n’est pas à dire que rien n’ait jamais changé et que les croyances d’aujourd’hui soient celles d’autrefois ; dans ce pays comme partout, les révolutions politiques et les transformations de la société ont eu des répercussions profondes sur les idées religieuses. Mais les idées nouvelles se sont toujours introduites assez progressivement pour pouvoir s’intégrer dans le cadre ancien sans le faire éclater ; il ne s’y est jamais produit aucune de ces révolutions complètes qui, en Occident, sont venues à plu¬sieurs reprises interrompre la continuité, conversion au chris¬tianisme, puis conversion à l’islamisme dans une partie de l’Orient, et réforme encore plus tard dans une partie des pays occidentaux. Certes, il ne reste plus grand chose des croyances antiques dans la religion chinoise moderne, à peine quelques idées générales, et peut être même une manière de sentir plutôt qu’une croyance définie. Mais le cadre a subsisté, en se vidant peu à peu de sa substance ancienne, que sont venues remplacer sur bien des points des notions différentes ; et les Chinois n’ont jamais eu cette sensation de rupture brusque avec le passé, cette condamnation des croyances antérieures, qui caractérisent l’évolution religieuse de l’Occident. Cela a suffi pour leur donner l’illusion que la religion actuelle est encore la religion antique, et pour qu’en maintenant la tradition de l’antiquité ils en conservent quelque chose.

Extracto



LA
RELIGION CHINOISE
dans son développement historique


par
Denise Fournier Signoret








T A B L E D E S M A T I È R E S

Notes



I. — La religion antique

II. — La crise religieuse de l’époque des Royaumes Combattants.

III. — Le Taoïsme.

IV. — Le Bouddhisme.

V. — Le Confucianisme.





L’histoire de la religion chinoise est celle d’un développe­ment continu depuis l’antiquité jusqu’à nos jours. Ce n’est pas à dire que rien n’ait jamais changé et que les croyances d’aujour­d’hui soient celles d’autrefois ; dans ce pays comme partout, les révolutions politiques et les transformations de la société ont eu des répercussions profondes sur les idées religieuses. Mais les idées nouvelles se sont toujours introduites assez progressivement pour pouvoir s’intégrer dans le cadre ancien sans le faire éclater ; il ne s’y est jamais produit aucune de ces révolutions complètes qui, en Occident, sont venues à plu­sieurs reprises interrompre la continuité, conversion au chris­tianisme, puis conversion à l’islamisme dans une partie de l’Orient, et réforme encore plus tard dans une partie des pays occidentaux. Certes, il ne reste plus grand‑chose des croyances antiques dans la religion chinoise moderne, à peine quelques idées générales, et peut‑être même une manière de sentir plutôt qu’une croyance définie. Mais le cadre a subsisté, en se vidant peu à peu de sa substance ancienne, qu

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